Le rapport Charges et Produits pour 2027 de l’Assurance Maladie ouvre la voie à une restriction des critères d’entrée en ALD.
Il propose dans le même temps de développer un parcours de prévention pour les patients « à risque » de maladie chronique.
MG France interpellait il y a un an déjà à ce sujet : ces deux mécanismes consistent à réduire le cout des affections chroniques en retardant leur prise en charge, avec des conséquences sanitaires prévisibles, tout en prétendant améliorer la prévention.
Retarder l’entrée administrative en ALD ne retarde pas la maladie, mais reporte sur le patient, ou son assurance, la prise en charge financière.
Cette mesure atteindra les plus fragiles, et provoquera du renoncement là où il faudrait au contraire renforcer l’adhésion.
La littérature scientifique a évalué l’effet de l’augmentation du reste à charge et des mécanismes de co-paiement : ils dégradent l’observance des traitements et peuvent diminuer le recours aux soins ambulatoires, ce qui augmente, à terme, les hospitalisations et les complications.
Être en ALD ne signifie pas la gratuité.
Être en ALD ne signifie pas l’absence de reste à charge.
France Asso Santé estime à plus de 1 500 euros par an, en moyenne, les « restes à charge invisibles » supportés par des personnes malades chroniques, handicapées ou en perte d’autonomie.
Renvoyer davantage de patients vers un financement assurantiel déplacerait le problème, et in fine majorerait les coûts.
À la maladie s’ajouterait une sanction financière.
MG France demande que le parcours préventif soit mis en œuvre, sans restriction de l’accès au dispositif ALD.
L’objectif partagé doit être de retarder les complications de la maladie, pas l’entrée dans les droits.
Contact : mgfrance@mg-france.fr