La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publie l’intégralité de son panorama annuel sur les établissements de santé. Dans son format usuel, cette nouvelle édition détaille, pour l’année 2024, les capacités d’accueil et l’activité des hôpitaux et cliniques, les personnels hospitaliers et leur rémunération.
Des fiches proposent des éclairages particuliers sur les grandes disciplines hospitalières, sur des activités spécifiques tels les soins critiques ou encore sur les établissements des DROM. La publication de l’intégralité de l’ouvrage a été précédée par la diffusion de six de ces fiches au mois de mai 2026, dont celles sur la situation économique et financières des hôpitaux publics et des cliniques privées, mais aussi sur les maternités, les accouchements et les interruptions volontaires de grossesses (IVG).
En 2024, 13,6 millions de patients ont eu un séjour d’hospitalisation ou une séance de dialyse, radiothérapie ou chimiothérapie en établissement de santé. Au 31 décembre de cette même année, la capacité d’accueil en France est de 367 100 lits d’hospitalisation complète et de 91 000 places d’hospitalisation partielle répartis dans 2 962 hôpitaux et cliniques. De plus, 25 400 patients peuvent être pris en charge simultanément en hospitalisation à domicile (HAD).
La baisse du nombre de lits en état d’accueillir des patients se poursuit, en parallèle de la hausse du nombre de places d’hospitalisation partielle
Au cours des dernières années, comme sur une période plus longue, l’organisation de l’offre de soins évolue : la diminution continue des capacités d’hospitalisation complète (lits en mesure d’accueillir des patients) s’accompagne d’une hausse importante du nombre de places d’hospitalisation partielle (sans nuitée). Des innovations en matière de technologies médicales et de traitements médicamenteux ont rendu possible ce « virage ambulatoire ».
En 2024, les capacités d’accueil en hospitalisation complète reculent de 2 300 lits sur un an (-0,6 %), une diminution moindre que celle des trois années précédentes (-1,2 % en 2023, -1,8 % en 2022 et – 1,4 % en 2021), et en-deçà également de celle observée entre 2013 et 2019 (-0,9 % en moyenne annuelle). En revanche, le nombre de places d’hospitalisation partielle continue de progresser (+2 600 places en un an, soit +2,9 %), à un rythme plus soutenu qu’avant la crise sanitaire (+2,5 % par an de 2013 à 2019).
Les capacités d’HAD, autre alternative à l’hospitalisation complète, retrouvent quant à elles un rythme similaire à celui observé au cours de la période 2013-2019 (progression régulière de 5,0 % par an en moyenne) : +5,5 % en 2024, après +4,1 % en 2023 (faisant suite à une très forte croissance pendant la crise sanitaire).
Il y a notamment eu en 2024 :
- 10,8 millions de séjours d’hospitalisation complète, c’est-à-dire avec nuitée (chiffre hors long séjour)
- 20,5 millions de journées d’hospitalisation partielle ;
- 21,3 millions de passages aux urgences ;
- 7,7 millions de journées d’HAD ;
- 7,8 millions de séances de dialyse ;
- 4,1 millions de séances de radiothérapie ;
- 3,6 millions de séances de chimiothérapie.
- 142 millions d’actes et consultations externes (ACE)
L’activité croît fortement en hospitalisation partielle, plus modérément en hospitalisation complète
Avec 20,5 millions de journées, l’activité d’hospitalisation partielle (sans nuitée) progresse de 5,7 % en 2024 et dépasse de 16,7 % son niveau antérieur à la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19. En hospitalisation complète, le nombre de séjours augmente de 1,4 % mais reste inférieur de 8,4 % à son niveau d’avant crise.
Cette augmentation en 2024 s’observe en court séjour (+1,5 % en médecine, chirurgie, obstétrique et odontologie), en moyen séjour (+2,2 % en soins médicaux et de réadaptation), mais pas en psychiatrie (-1,8 %) ni en soins de longue durée (où l’activité, mesurée en journées, se stabilise). L’activité d’hospitalisation à domicile accélère à nouveau en 2024 (+10,4 % séjours, après +8,4 % en 2023). Le nombre de passages aux urgences est de 21,3 millions en 2024 : il rebondit de 2,5 %, après avoir diminué de 3,4 % en 2023.
Les effectifs salariés du secteur hospitalier progressent de 0,7 % en 2024
En 2024, le secteur hospitalier emploie 1,41 million de salariés. Les effectifs progressent de 0,6 % dans le secteur public (+6 700 salariés), et de 1,2 % dans le secteur privé (+3 700 salariés). La progression est de 2,7 % pour le personnel médical, de 0,3 % pour le personnel non médical soignant et de 0,8 % pour le personnel non médical non soignant. Mais ces pourcentages diffèrent selon le secteur. Dans le secteur public, les effectifs augmentent de 2,8 % pour le personnel médical, de 0,2 % pour le personnel non médical soignant et de 0,5 % pour le personnel non médical non soignant. La progression est plus forte dans le secteur privé pour le personnel non médical : +0,9 % pour le personnel non médical soignant et +1,7 % pour le personnel non médical non soignant (et +1,8 % pour le personnel médical).
La densité de lits en soins critiques et de surveillance continue en France est de 28,7 lits pour 100 000 habitants fin 2024
L’année 2024 est la première année d’entrée en application de la réforme des autorisations d’activité de soins critiques en deux niveaux : réanimation et soins intensifs. Une des conséquences est la transformation des lits de soins de surveillance continue en lits de soins intensifs : cela se traduit par une forte hausse des lits de soins intensifs (+1 700 lits, dont +1 500 lits de soins intensifs polyvalents) et une baisse d’ampleur similaire du nombre de lits de surveillance continue (-1 400 lits) [graphique].
Au 31 décembre 2024, le nombre de lits en soins critiques et de surveillance continue s’établit à 19 700 (+1,5 % par rapport à 2023) : 5 700 lits de réanimation, 7 600 lits de soins intensifs et 6 500 lits de surveillance continue. La densité de lits en soins critiques et de surveillance continue en France est de 28,7 lits pour 100 000 habitants fin 2024. Elle varie toujours fortement selon les régions, avec des disparités qui se sont légèrement réduites avec la crise sanitaire.
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