Après six mois ponctués de recherche des tendances lourdes et signaux faibles, de consultations citoyennes, d’ateliers et de travaux experts, le programme OSE 2050entre dans une phase décisive : l’élaboration de scénarios prospectifs. Nourris par les contributions de plus de 2 000 citoyens et les analyses d’experts multidisciplinaires, ils sont en cours de finalisation par des auteurs de science-fiction (SF). Ces récits, mêlant science-fiction et réalité, pourront éclairer les choix stratégiques pour un système de santé plus innovant, équitable et centré sur l’humain.
Face aux transformations profondes du système de santé, les Hospices Civils de Lyon (HCL), la Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS) et l’Agence de l’Innovation en Santé (AIS) ont lancé en début d’année OSE 2050, un programme inédit de prospective visant à explorer les futurs possibles de l’offre de santé. Pour sa première saison, le thème retenu est celui de l’impact du numérique sur l’offre de santé à horizon 2050.
Pour rappel, OSE 2050 repose sur une approche de prospective par le design, combinant:
- des travaux d’experts issus de disciplines variées ;
- l’implication de professionnels de santé de terrain ;
- une consultation citoyenne ouverte à tous ;
- la production de scénarios mis en récit par des auteurs de science-fiction.
Le programme propose un cadre innovant et participatif pour mettre en discussion des hypothèses de transformation, confronter des points de vue et éclairer les choix de politiques publiques à venir.
Point d’avancement : une démarche participative sans précédent
Plusieurs groupes de travail – composés de professionnels de santé, chercheurs, éthiciens, sociologues, représentants des patients, industriels, etc. – ont imaginé des scénarios en collaboration avec des auteurs de science-fiction à partir des tensions clés à venir (équilibre entre algorithmes et décision humaine, accès aux données, inégalités territoriales d’accès aux soins…)
En parallèle, les citoyens ont été mobilisés sur un scénario citoyen co-écrit avec Ketty Steward (autrice de SF et psychologue clinicienne). Deux consultations ont été réalisées. Ouverte du 23 mars au 12 avril, la première consultation citoyenne a permis de collecter les contributions de plus de 1100 personnes et 8 000 verbatims sur leur perception, leurs attentes et leurs craintes autour du concept d’hyper-personnalisation des soins, pour comprendre comment ils se projettent dans un futur d’une santé hyper-personnalisée. La seconde, ouverte Du 27avril au 13 mai, a permis de recueillir plus de 2 000 contributions via :
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- La plateforme ose2050.fr (questionnaires et contributions libres).
- Les rencontres directes sur le terrain à Lyon et en Auvergne-Rhône-Alpes (6–7 mai), en ciblant les zones rurales et les quartiers prioritaires.
- Des ateliers inclusifs dans des EHPAD, écoles et lieux de vie pour toucher des publics éloignés du numérique en santé.
→ Ces scénarios, enrichis d’artefacts (objets ou services fictifs inspirés des enjeux réels), seront dévoilés le 15 octobre 2026, à Lyon, lors d’un événement ouvert au public.
Focus – Un engagement citoyen massif et diversifié
Penser l’avenir de la santé ne consiste pas uniquement à anticiper des évolutions technologiques, organisationnelles ou médicales. C’est aussi interroger les représentations collectives qui façonnent notre rapport au soin, à la santé, au progrès, à la liberté individuelle, au collectif et au vivant.
Dans le cadre du programme OSE 2050, cette conviction a conduit à explorer une question centrale : comment l’hyperpersonnalisation du soin reconfigure-t-elle notre manière d’imaginer la santé de demain ? Jusqu’où sommes-nous prêts à aller ? Cette démarche ne relève ni d’un sondage d’opinion, ni d’une consultation citoyenne au sens institutionnel ou décisionnel du terme. Elle ne vise pas non plus à mesurer un niveau d’adhésion à un futur modèle de santé, produire des résultats statistiquement représentatifs, ou encore à faire émerger un consensus destiné à orienter directement une décision publique.
Son ambition est différente : utiliser la projection narrative et l’écriture prospective comme outils d’exploration collective, afin de révéler les aspirations, besoins et préoccupations qui apparaissent lorsque l’on invite des citoyens à expérimenter mentalement un futur possible. Voici un échantillon des enseignements des imaginaires des citoyens qui ont participé :
> Une santé plus préventive et sur mesure :
Les participants plébiscitent une médecine prédictive (ex : alertes précoces via l’IA) et personnalisée (parcours adaptés à leur mode de vie).
Exemple de verbatim : « Je veux un système qui m’aide à anticiper, pas seulement à soigner. »
> L’humain au cœur du numérique :
Les participants aspirent à maintenir l’humain au centre :
- Refus d’une santé 100 % algorithmique : demande de garanties pour préserver le lien médecin-patient.
- Crainte d’une fracture numérique (ex : personnes âgées ou précaires exclues).
> Des données utiles à tous… ou à personne :
Le partage des données doit bénéficier à la collectivité (recherche, prévention) et non aux seuls acteurs privés.
Question récurrente : « Comment être sûr que mes données ne serviront pas à me discriminer ? »
> Des attentes fortes sur l’éthique :
Les participants ont exprimé le besoin d’un cadre réglementaire strict pour encadrer l’IA et les nouvelles technologies et ont exprimé la confiance dans l’État pour le mettre en place.
→ Ces enseignements guident désormais l’écriture des scénarios et les recommandations.
Cet été, immergez-vous dans les enjeux du numérique en santé avec des contenus ludiques
Pour démocratiser les débats sur le numérique en santé, OSE 2050 lance son podcast ! Lien infra.
Pour cette première saison, nous retrouvons 4 épisodes longs qui traitent chacun d’un sujet spécifique autour du numérique en santé. Chaque épisode commence par une courte fiction réaliste qui plonge l’auditeur dans une scène de santé se déroulant en 2050, suivie d’une séquence de discussion où Marie, l’animatrice du podcast, interroge 2 experts pour y voir plus clair sur le futur de la santé autour de la thématique de l’épisode.
Chacun de ces 4 épisodes se veut ludique, immersif, pédagogique et invite à la réflexion autour de :
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- L’intelligence artificielle : Marie reçoit Katia Youssov (neurologue) et Clément Le Moine (ingénieur et chercheur) pour parler d’intelligence artificielle, de prévention et de ce que nos silences disent de nous.
- Les jumeaux numériques : Marie est accompagnée d’Eloïse Berson (recherche médicale) et Nicolas Pécuchet (médecin oncologue) pour parler de jumeaux numériques, données, civisme et prévention.
- Le métavers : Pour parler de métavers, de bruits immersifs, de pédagogie et de sensation arctique, Marie est accompagnée par les médecins Patrick Nataf et Yann-Maël Le Douarin.
- La télésanté : Marie reçoit Anne-Laure Rousseau (médecin à l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris) et Arthur Dauphin (conseiller numérique en santé au sein de France Assos Santé) pour parler télésanté, autonomie et suivi médical.
Des livrets thématiques sur les mêmes sujets sont également mis à disposition pour aller plus loin.
→ Ces ressources visent à outiller le grand public pour participer aux débats sur l’avenir de la santé.
Prochaines étapes : Vers des recommandations stratégiques
Fin août – début septembre 2026 :
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- Ateliers avec les décideurs (institutionnels, élus, représentants des usagers) pour traduire les scénarios en recommandations concrètes.
- Objectif : Identifier les leviers politiques, technologiques et éthiques à actionner dès aujourd’hui.
15 octobre 2026 :
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- Événement de restitution immersif à Lyon, ouvert au public.
- Au programme :
- Présentation des scénarios finaux et artefacts.
- Tables rondes avec citoyens, experts et auteurs.
- Espace d’exposition pour expérimenter les futurs imaginés.
Ils ont participé, ils témoignent
« Participer à OSE 2050 m’a fait réaliser que la santé de demain se construit aussi avec nos choix d’aujourd’hui. J’ai adoré imaginer des solutions pour éviter une société à deux vitesses ! » — Marie, 34 ans, participante à l’atelier de Lyon 8e.
« Le numérique, c’est bien, mais ce qui me fait peur, c’est de me retrouver face à un écran ou un robot quand j’aurai besoin d’empathie. Quand j’ai eu mon cancer, ce qui m’a sauvée, c’est le regard de mon oncologue, sa capacité à m’écouter et à m’adapter un traitement. Si demain, une IA me dit ‘vous avez 78 % de chances de guérison’, mais sans personne pour me prendre la main, ça ne me suffira pas. La technologie doit être un outil, pas un remplacement. » — Témoignage recueilli lors d’un atelier en EHPAD, Lyon 8e.
« Pour moi, une santé hyper-personnalisée, c’est avant tout pouvoir anticiper les problèmes avant qu’ils n’arrivent. J’imagine un système où mon médecin et moi, on travaille main dans la main avec des outils numériques pour adapter mon suivi en fonction de mon mode de vie, mes antécédents, et même mon stress ou mon sommeil. Mais attention : ça ne doit pas devenir une charge mentale de plus. Si c’est pour me dire que je dois surveiller 24h/24 mes données, je préfère encore le système actuel ! » — Participant anonyme, 45 ans, Lyon.
« Je fais confiance à la France pour encadrer ces innovations, mais à une condition : que mes données servent à améliorer la santé de tous, pas à enrichir des entreprises. Par exemple, si mon dossier médical permet de faire avancer la recherche sur le diabète, je suis partant. Mais s’il est utilisé pour me proposer des assurances plus chères ou des publicités ciblées, c’est non. Il faut un système transparent, où je sais exactement à quoi mes données servent, et où je peux les retirer à tout moment. » — Verbatim issu d’un atelier à Saint-Symphorien-sur-Coise.
Ressources
Vidéo de présentation : lien vimeo
Site du programme : www.ose2050.fr
Podcast : Vodio (sans compte) ; Deezer
Livrets : Bouton « Contenus pédagogiques » du bas de la page Ressources du site OSE 2050.
Réseaux sociaux :
Contact Presse : presse@ose2050.fr