Le Parlement a adopté ce jour la loi ouvrant « l’aide à mourir », c’est-à-dire le suicide assisté et l’euthanasie dans certaines conditions. La SFAP déplore ce vote et rappelle qu’il vient contredire l’adoption de la PPL sur les soins palliatifs il y a quelques semaines. Elle rappelle également que ce texte ne s’appliquera pas tout seul : sa mise en œuvre reposera sur des soignants qui, tout au long du débat, ont exprimé leurs profondes réserves sans parvenir à se faire entendre.
Rarement une loi touchant le soin d’aussi près aura été élaborée si loin de ceux qui soignent. Tout au long du débat, les professionnels qui accompagnent chaque jour les personnes en fin de vie ont alerté, témoigné et proposé. La SFAP avait fait le choix exigeant d’entrer dans la discussion du texte pour proposer des garde-fous tenant la mort provoquée à distance de la relation de soin. Ces propositions n’ont pas été retenues, et la SFAP le regrette profondément.
Ce décalage entre la loi et ceux qui devront la faire vivre n’est pas une impression. La dernière consultation nationale de la SFAP, menée en juin 2026 auprès de plus de 4 000 professionnels et bénévoles, le confirme : face à la souffrance et à la demande de mort, les acteurs des soins palliatifs veulent continuer de privilégier la réponse palliative, fidèle aux valeurs du soin.
Ce débat n’a d’ailleurs jamais été, pour la SFAP, qu’une partie de sa mission. Depuis plus de trois décennies, elle œuvre avec les équipes qu’elle fédère à répondre aux besoins palliatifs du pays : soulager la douleur et les symptômes, accompagner les malades et leurs proches, former les professionnels, soutenir le bénévolat, diffuser la culture palliative jusque dans les territoires qui en restent dépourvus. Ces besoins sont immenses et loin d’être couverts : aujourd’hui encore, une grande partie des personnes qui devraient bénéficier de soins palliatifs n’y a pas accès.
C’est ce patient travail que la loi votée vient ébranler : des équipes fragilisées, des vocations qui hésitent, une confiance qui devra se rebâtir au chevet de chaque malade. La SFAP le dit simplement : elle continuera, malgré cette loi qui défait le sens du soin. Continuer de former, de fédérer, d’accompagner, de faire grandir l’offre palliative ; et défendre, sans relâche, la priorité au soin, pour que la réponse à la souffrance demeure d’abord l’accompagnement et le soulagement, et non le suicide assisté ou l’euthanasie.
Qu’est-ce que la SFAP ?
Association de loi 1901, existant depuis 1989, la SFAP (Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs) est une société savante reconnue d’utilité publique. Représentant une grande variété d’acteurs – professionnels de santé, des sciences humaines et sociales, bénévoles d’accompagnement et leurs associations, collectifs de soins et autres… – elle fédère autour des soins palliatifs et de l’accompagnement.
Sa raison d’être est de développer, améliorer et faire connaître les soins palliatifs aux professionnels de santé, pouvoirs publics et grand public. Ses actions englobent les dimensions scientifique, éthique, politique et humaniste qui constituent l’essence et la singularité des soins palliatifs. Sa mission est de permettre à chaque personne atteinte de maladie grave d’être soulagée et accompagnée, ainsi que ses proches, tout au long de son parcours.