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« Madame la Ministre, combien de morts faudra-t-il encore ? » – 5 000 médecins interpellent le gouvernement (Lettre ouverte)

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Après deux décès en quatre mois à la suite d’injections esthétiques pratiquées illégalement, le ton n’est plus à l’alerte mais à l’interpellation.

Le Syndicat des médecins libéraux et le Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique, qui représentent près de 5 000 médecins engagés sur tout le territoire, rendent aujourd’hui publique leur lettre ouverte à la ministre de la Santé, intitulée : « Madame la Ministre, combien de morts faudra-t-il encore ? »

Publiée le 1er août par Le Parisien, cette prise de position appelle le gouvernement à accélérer la lutte contre les « fake injectors », ces réseaux clandestins qui prospèrent sur les réseaux sociaux et mettent directement en danger la santé des patients.

Les auteurs y rappellent avoir alerté les pouvoirs publics depuis plusieurs mois, rencontré les services de l’État et formulé des propositions concrètes pour enrayer un phénomène qu’ils considèrent désormais comme un véritable enjeu de santé publique.

Les médecins estiment que la question n’est plus de savoir si ces drames étaient prévisibles, mais pourquoi ils n’ont pas été empêchés. Ils réclament désormais à minima 4 mesures immédiates, estimant que chaque jour d’attente expose à un risque mortel :

•⁠  ⁠Publiant sans délai le texte d’application afin de permettre une mise en œuvre effective de la réglementation.
•⁠  ⁠Garantissant un accès à la toxine botulique pour les médecins formés aux actes esthétiques et assurés, dans un cadre strictement médical et sécurisé.
•⁠  ⁠Intensifiant la lutte contre les pratiques clandestines, en renforçant les contrôles sur le terrain et les sanctions.
•⁠  ⁠Asséchant les filières illégales d’approvisionnement et de promotion, notamment par la fermeture des comptes qui recrutent ou commercialisent ces pratiques sur les réseaux sociaux.

Vous trouverez ci-dessous l’intégralité de cette lettre ouverte :

Lettre ouverte à Madame Stéphanie Rist, ministre de la Santé

Madame la Ministre, Combien de morts faudra-t-il encore ?

Par le Syndicat des médecins libéraux et le Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique (des milliers de médecins engagés sur tout le territoire)

Une jeune femme est morte à Villeurbanne il y a quatre mois, après des injections esthétiques réalisées illégalement en dehors de tout cadre médical.

Nous avons alerté sur le fait que les « fake injectors » avaient déjà conquis une part considérable de clientèle : près de 40 % des personnes ayant recours à des injections esthétiques en France s’adressent aujourd’hui à des personnes qui ne sont pas médecins. Nous vous avons transmis ce chiffre. Vous le connaissiez.

Nous avons rencontré vos équipes, les services de l’État, la Direction générale de la santé, le conseiller santé du Président de la République. Nous avons présenté les chiffres, proposé des solutions et expliqué l’urgence. Tout le monde savait.

Pourtant… Une deuxième jeune femme est morte à Nice il y a quelques jours des suites d’injections esthétiques illégales.

Maintenant, après ce deuxième décès, la question n’est plus de savoir si ce drame était prévisible. La question est de savoir pourquoi il n’a pas été empêché.

Depuis des mois, nous répétons la même chose : tant que ne disposerons pas en France d’une offre médicale légale, accessible et clairement identifiable, les réseaux clandestins continueront de prospérer. Tant que des médecins formés aux actes esthétiques et assurés rencontreront des difficultés pour exercer pleinement dans un cadre sécurisé, des patients iront chercher des réponses ailleurs. Et cet ailleurs, ce sont les « fake injectors », ces marchands de mort qui injectent des produits sans compétence médicale, sans diagnostic, sans capacité à traiter une complication.

Vous avez commencé à agir. Les décrets publiés le 10 juillet constituent une avancée importante. Merci.

Ils reconnaissent enfin la médecine esthétique comme une activité médicale. Mais une réforme ne se juge pas à son annonce. Elle se juge à sa capacité à protéger les citoyens.

Aujourd’hui, ce n’est toujours pas le cas.

Pendant que les textes suivent leur chemin administratif, les réseaux clandestins accélèrent le leur. Pendant que des médecins attendent que les mesures deviennent pleinement opérationnelles, les fake injectors continuent de recruter sur les réseaux sociaux. Pendant que l’administration prend son temps, des patients risquent leur vie.

Le temps administratif n’est pas le temps de la santé publique.

Après Villeurbanne, il fallait agir vite. Après Nice, il faut agir maintenant. Il ne s’agit plus d’une question technique. Il s’agit d’une responsabilité politique.

Chaque semaine perdue laisse prospérer un marché clandestin. Chaque mois perdu expose de nouveaux citoyens. Chaque retard augmente le risque qu’un nouveau drame survienne.

Le pire est que ces deux terribles décès ne sont que la partie émergée de l’iceberg : des centaines de patients sont victimes de complications, de blessures ou de séquelles provoquées par des fake injectors.

Madame la Ministre, vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas.

Vous connaissez les chiffres.
Vous connaissez les mécanismes.
Vous connaissez les solutions.
Vous connaissez désormais le prix de l’inaction.

Nous ne vous demandons plus d’étudier le problème. Nous vous demandons de le régler, à minima en  :

–  Publiant sans délai le texte d’application afin de permettre une mise en œuvre effective de la réglementation.
–  Garantissant un accès à la toxine botulique pour les médecins formés aux actes esthétiques et assurés, dans un cadre strictement médical et sécurisé.
–  Intensifiant la lutte contre les pratiques clandestines, en renforçant les contrôles sur le terrain et les sanctions.
–  Asséchant les filières illégales d’approvisionnement et de promotion, notamment par la fermeture des comptes qui recrutent ou commercialisent ces pratiques sur les réseaux sociaux.

Nous comptons sur vous. Vraiment !

Contact presse : Sandra Ammara – sandra.ammara@origaconsulting.com

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