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Canicule : après 5 764 décès supplémentaires, le SNPI demande un « plan chaleur domicile » (Communiqué)

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Face à la surmortalité exceptionnelle observée lors de la canicule de juin et aux nouvelles vagues de chaleur de cet été, le Syndicat National des Professionnels Infirmiers (SNPI) demande la création d’un « plan chaleur domicile » avec 6 mesures concrètes. Objectif : identifier les personnes les plus vulnérables, aller vers elles avant leur décompensation et mobiliser les professionnels de proximité, notamment les 140.000 infirmières libérales.

Du 17 juin au 2 juillet 2026, Santé publique France estime à 5 764 le nombre de décès toutes causes en excès, soit une augmentation de 36,2 % par rapport à la mortalité attendue.

Dans son bulletin du 19 août, Santé publique France indique qu’entre le 11 et le 15 août, les urgences ont enregistré 230 à 305 passages quotidienspour hyperthermie ou coup de chaleur, déshydratation et hyponatrémie. Entre 146 et 184 hospitalisations quotidiennes ont suivi ces passages aux urgences.

Pour le SNPI, ces données imposent de faire évoluer rapidement la stratégie de prévention.

« Nous savons plusieurs jours à l’avance qu’une chaleur dangereuse arrive. Nous ne pouvons plus attendre qu’une personne âgée se déshydrate, se décompense ou arrive aux urgences pour intervenir. Une personne isolée dans un appartement surchauffé n’a pas seulement besoin qu’on lui recommande de boire : elle a besoin que quelqu’un sache qu’elle est en danger et puisse aller vers elle. », souligne Thierry Amouroux, porte-parole du SNPI.

Passer de l’alerte météorologique à l’intervention sanitaire

Depuis la canicule de 2003, la France a considérablement amélioré ses dispositifs d’alerte et d’information. Mais les messages recommandant de boire régulièrement, fermer les volets ou éviter les efforts ne peuvent suffire pour les personnes cumulant grand âge, maladies chroniques, perte d’autonomie, isolement social et logement inadapté aux fortes chaleurs.

Le SNPI demande donc la création d’un « plan chaleur domicile », déclenché de manière anticipée lorsque les prévisions météorologiques annoncent un épisode présentant un risque sanitaire important. Il faut passer d’une prévention informative fondée sur « protégez-vous » à une politique organisée autour de « nous allons vers vous ».

Six mesures pour prévenir les décès à domicile

1. Identifier en amont les personnes les plus vulnérables.
Au-delà des seuls « registres communaux », les territoires doivent pouvoir repérer, dans un cadre respectueux du secret professionnel et de la protection des données, les personnes cumulant âge élevé, isolement, perte d’autonomie, maladie chronique, traitements nécessitant une vigilance particulière et logement fortement exposé à la chaleur.

2. Organiser un véritable « aller-vers ».
Lors des alertes, les personnes à haut risque doivent bénéficier d’un contact préventif : appel, mobilisation de l’entourage puis visite à domicile lorsque la personne ne répond pas ou que son état le justifie. Collectivités, CCAS, services à domicile, infirmières, médecins, pharmaciens, CPTS et associations doivent constituer un véritable filet de sécurité territorial.

3. Mobiliser les infirmières à domicile.
Les 140 000 infirmières libérales constituent un réseau sanitaire de proximité exceptionnel. Le SNPI propose une « consultation infirmière préventive chaleur » pour les personnes à haut risque : évaluation clinique et de l’hydratation, recherche de signes précoces de décompensation, appréciation des capacités à boire et à se rafraîchir, vigilance sur les traitements et évaluation de l’environnement du domicile.

4. Identifier les « bouilloires thermiques ».
Le DPE prend encore insuffisamment en compte le risque sanitaire lié à la surchauffe estivale. Une étude portant sur environ neuf millions de DPE estime que 48,2 % des logements présentent un confort d’été insuffisant.

Pour le SNPI, la température intérieure doit devenir un élément de la prévention sanitaire. Protéger les personnes les plus vulnérables et objectiver une exposition dangereuse afin de déclencher si nécessaire une intervention. Le logement deviendrait ainsi un véritable indicateur environnemental de santé.

Les politiques de rénovation doivent parallèlement mieux prendre en compte la « précarité thermique estivale » et prioriser les logements occupés par des personnes particulièrement vulnérables.

5. Organiser la mise à l’abri lorsque le logement devient dangereux.

Lorsque le domicile reste surchauffé jour et nuit, les conseils de prévention atteignent leurs limites. Les territoires doivent organiser le transport des personnes dépendantes ou isolées 2h par jour dans des lieux rafraîchis (salles municipales, médiathèques, etc.). Dans les situations les plus à risque, un hébergement temporaire préventif doit pouvoir être proposé.

6. Déclencher le plan avant les premières décompensations.
Le « plan chaleur domicile » doit relier directement prévision météorologique et action sanitaire :

prévision → identification des personnes à haut risque → contact → visite si nécessaire → évaluation clinique et environnementale → rafraîchissement ou mise à l’abri → surveillance jusqu’à la fin de l’épisode.

« Une alerte météorologique n’est pas encore une intervention sanitaire »

L’été 2026 confirme que les vagues de chaleur ne peuvent plus être considérées comme des événements sanitaires exceptionnels. Leur répétition et leur intensité imposent une adaptation durable de notre système de prévention.

Le changement demandé est simple : ne plus attendre que les personnes vulnérables appellent au secours, mais aller vers elles avant leur décompensation.

« Nous disposons des prévisions météorologiques, nous connaissons les principaux facteurs de vulnérabilité et nous disposons de professionnels présents quotidiennement au domicile. Il faut maintenant relier ces trois éléments. Une alerte météorologique n’est pas encore une intervention sanitaire. Face aux prochaines canicules, il faut passer d’une prévention fondée sur « protégez-vous » à une politique organisée autour de « nous allons vers vous ». », conclut Thierry Amouroux.

Le SNPI demande qu’un retour d’expérience national de l’été 2026 soit engagé dès l’automne afin de préparer, avant l’été 2027, un dispositif opérationnel associant professionnels de santé, collectivités, services à domicile, acteurs sociaux et politiques du logement.

Contact : contact@syndicat-infirmier.com

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