La Journée mondiale du don de moelle osseuse a lieu chaque année autour du troisième samedi du mois de septembre. En 2026, elle se tiendra le 19 septembre.
En France, des milliers de personnes, adultes comme enfants, sont atteintes de maladies graves du sang chaque année (leucémie, lymphome, myélome, drépanocytose, aplasie médullaire). Pour beaucoup, la greffe de moelle osseuse représente la seule chance de guérison. Mais trouver un donneur compatible à chaque malade reste aujourd’hui un véritable défi, en particulier pour les patients issus de la diversité.
A l’occasion de la journée mondiale du don de moelle osseuse le 19 septembre prochain, l’Agence de la biomédecine lance un appel afin de recruter de nouveaux donneurs volontaires, notamment parmi les personnes métissées. Toutes les origines sont recherchées : afro-descendantes, maghrébines, asiatiques mais aussi européennes, hispaniques, océaniques…
Chiffres clés du don et de la greffe de moelle osseuse non apparentée en France
• En 2025, 34 764 nouveaux donneurs se sont inscrits dont 32 % d’hommes.
• 33 578 donneurs supplémentaires ont rejoint le registre national durant le 1er semestre 2026 soit une hausse record de 260% par rapport à la même période en 2025.
• Au total, 451 095 donneurs étaient inscrits sur le registre français, à la date du 30 juin 2026.
• Sur l’année 2025, 2 338 patients ont bénéficié d’une greffe de moelle osseuse en France dont 1 365 patients avec un donneur non apparenté.
La diversité des donneurs, un enjeu de santé publique encore trop méconnu
Depuis début mars, un élan de solidarité inédit a permis d’enregistrer près de 70 000 demandes d’inscription sur le site dondemoelleosseuse.fr. Cette mobilisation exceptionnelle a contribué à renforcer le registre français des donneurs volontaires de moelle osseuse et témoigne d’une réelle prise de conscience collective autour de ce don qui peut sauver des vies.
Mais au-delà du nombre d’inscriptions, un enjeu majeur persiste : la diversité des profils génétiques représentés au sein de ce registre. Aujourd’hui encore, les patients issus de certaines origines ou présentant des profils génétiques plus rares rencontrent davantage de difficultés à trouver un donneur compatible.
Pour réaliser une greffe de moelle osseuse, il est indispensable de trouver un donneur qui soit le « jumeau génétique » du patient, c’est-à-dire une personne qui partage les mêmes caractéristiques immunologiques que la personne malade. Or, chaque humain possède sa propre « carte d’identité immunologique » (système HLA (Human Leucocyte Antigen)), déterminée en partie par ses origines géographiques, son histoire génétique familiale et plus largement par l’histoire des migrations de populations.
Plus le registre de donneurs volontaires est diversifié, plus les chances de trouver un donneur compatible augmentent pour tous les patients, quelles que soient leurs origines. Le registre français ne reflète pas encore suffisamment la diversité génétique de la population des patients français qui ont besoin d’un donneur.
Aujourd’hui, les patients présentant un phénotype caucasien ont davantage de chances de trouver un donneur compatible. Historiquement, les registres de donneurs volontaires de moelle osseuse se sont principalement développés dans l’hémisphère Nord, où la population caucasienne est majoritaire. À l’inverse, les profils HLA plus fréquents chez les personnes issues de métissages ou originaires d’Afrique subsaharienne, du Maghreb ou d’Asie ou d’Océanie restent moins représentés. Or, plus un profil HLA est rare dans le registre, plus la recherche d’un donneur compatible devient complexe. Diversifier les profils HLA inscrits est donc essentiel pour offrir à chaque patient les mêmes chances d’accéder à une greffe.
Un registre en croissance, mais une représentativité de la diversité trop faible
Au 30 juin 2026, le registre français des donneurs volontaires de moelle osseuse a dépassé les 451 000 inscrits, un cap encourageant qui témoigne d’une mobilisation grandissante. Mais au-delà du nombre d’inscrits, c’est la diversité des profils HLA qui fait la richesse d’un registre. Chaque année les nouveaux donneurs apportent de nouveaux phénotypes au registre. En 2025, environ 35 % des donneurs ont apporté un nouveau phénotype HLA, ce qui est encourageant et illustre la nécessité de poursuivre les efforts pour mieux représenter la diversité génétique de la population française.
Dr Catherine Faucher, hématologue et Directrice du prélèvement et des greffes de cellules souches hématopoïétiques (cellules de la moelle osseuse) à l’Agence de la biomédecine, tient à rappeler que : « S’inscrire sur le registre, ce n’est pas seulement accomplir un geste de solidarité qui sauve des vies. C’est aussi agir contre les inégalités de santé en contribuant concrètement à offrir à chaque patient, quelle que soit son histoire ou son origine, les mêmes chances d’accéder à une greffe de moelle osseuse. »
La diversité du registre des donneurs volontaires constitue un véritable enjeu de santé publique.
Le don de moelle osseuse : un engagement pour la vie
Contrairement à d’autres formes de don, le don de moelle osseuse repose sur un réel engagement à long terme. S’inscrire sur le registre des donneurs volontaires, c’est accepter d’être contacté un jour pour offrir à un patient une chance de guérison. Cet appel peut survenir dans quelques mois, dans plusieurs années… ou ne jamais arriver.
En moyenne, les donneurs sont sollicités quatre ans après leur inscription sur le registre. Chaque nouvelle inscription est donc bien plus qu’une démarche immédiate : elle augmente les chances qu’un patient trouve, au moment où il en a besoin, le donneur compatible qui pourra lui sauver la vie.
| Tout comprendre sur le don de moelle osseuse
C’est quoi la moelle osseuse ? La moelle osseuse est une substance présente dans tous nos os, responsable de la formation de nos cellules sanguines : globules rouges, globules blancs et plaquettes. La moelle osseuse est donc indispensable à la vie et son dysfonctionnement est à l’origine de maladies graves du sang, comme les leucémies. Qui a besoin d’une greffe de moelle osseuse ? Les personnes qui souffrent d’un dysfonctionnement de leur moelle osseuse, ce qui entraine des maladies graves du sang comme les leucémies. La greffe de moelle osseuse est parfois l’ultime espoir de guérison pour ces patients. Le don est totalement anonyme, on ne peut pas décider à qui l’on donne ses cellules. Comment donne-t-on sa moelle osseuse ? Dans 80 % des cas, le don se fait par prélèvement sanguin : équivalent à un don de plaquettes, il dure entre 3 et 4 heures et le donneur peut parfaitement s’occuper en regardant une série, écouter de la musique, lire un livre. L’autre moyen de prélèvement se fait directement dans les os du bassin, sous anesthésie. Aucun risque de paralysie dans les 2 cas. Le délai médian entre l’inscription et le don est de 4 ans, certains donneurs ne seront jamais appelés car jamais identifiés comme compatibles avec un patient. Pourquoi recherche-t-on des hommes en priorité ? Ceci s’explique par des facteurs immunologiques : les anticorps développés naturellement par les femmes lors d’une grossesse (même si elle n’est pas menée à terme) complexifient les suites de la greffe pour le receveur. Les hommes étant dépourvus de ces anticorps, leurs cellules favorisent les chances de réussite de la greffe. Les femmes peuvent également être donneuses bien sûr. Mais compte-tenu de ces facteurs immunologiques, les profils préférés sont des femmes jeunes. Quelles conditions pour devenir donneur ? · Être en parfaite santé · Être âgé de 18 à 35 ans · Se rendre sur www.dondemoelleosseuse.fr pour répondre à un questionnaire médical et effectuer un prélèvement biologique (échantillon salivaire ou prise de sang lors de l’inscription définitive) qui déterminera la carte d’identité biologique du futur donneur. |
Contacts presse :
- Hélène DUGUET – helene.duguet@biomedecine.fr
- Agence Libre Mullenlowe – dondemoelleosseuse@libremullenlowe.fr