La rencontre des candidats à l’élection présidentielle organisée par le Medef le 27 août signe la rentrée politique.
Sur les arrêts de travail, elle a surtout donné lieu à une surenchère de formules.
Nous retenons la promesse de mettre un terme à « l’open bar des arrêts de travail ».
Ce genre de petites phrases abîme notre pays.
Elles sont inutilement blessantes pour les patients comme pour les médecins, et surtout déconnectées de la complexité des problèmes.
MG France attend des aspirants à la plus haute fonction de la mesure et du sérieux.
Les données sont connues.
L’augmentation des dépenses d’indemnités journalières s’explique d’abord par des facteurs structurels : la revalorisation des salaires après une période de forte inflation, davantage de salariés en emploi, le report de l’âge de départ à la retraite.
L’Assurance Maladie elle-même, dans son étude conjointe avec la DREES, attribue 60 % de la hausse à ces facteurs économiques et démographiques.
En y ajoutant la progression de la souffrance psychique, notamment au travail, on tient l’essentiel de l’explication.
Rappelons que les arrêts courts, ceux qui saturent l’espace médiatique, représentent 4 % de la dépense d’indemnités journalières. Ce n’est pas là que se joue l’équilibre des comptes.
Les solutions, elles aussi, sont connues. MG France les porte depuis des années :
- Permettre des aménagements de poste et de temps de travail, notamment en fin de carrière;
- Investir dans la santé au travail et la prévention en entreprise;
- Coordonner les prises en charge entre la médecine du travail, le cabinet du médecin traitant et le service médical de l’Assurance Maladie;
- Et bien sûr impliquer les employeurs par un système de bonus/malus sur les cotisations couplé à une incitation ferme à la réinsertion dans l’emploi, comme cela existe ailleurs en Europe.
MG France regrette l’absence de propositions crédibles sur ce sujet et dénonce un système qui demanderait aux Français de travailler plus longtemps tout en étant moins malades, sans impliquer réellement l’employeur et en promettant des milliards d’euros de baisse de cotisations.
Chercher des boucs émissaires ne réglera aucun problème.
MG France se tient à la disposition des candidats qui souhaitent réellement approfondir ces sujets.