À l’occasion des annonces faites ce jour par les ministres chargés de la Santé, de la Recherche et de l’Industrie[1] à l’Institut du Cerveau (ICM) de l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, le Leem salue la dynamique engagée depuis un an en faveur du renforcement de l’attractivité de la France pour la recherche clinique et appelle à l’intensifier et à l’inclure dans une politique globale cohérente.
Rétablir la place de la France dans la compétition internationale est indispensable pour garantir le « zéro perte de chance » aux patients ; cela implique non seulement un accès facilité à l’innovation mais aussi la juste reconnaissance de la valeur apportée par le médicament à la société.
Une dynamique collective qui produit déjà des résultats
Confrontée à des délais trop importants et à une concurrence internationale intense, la France a engagé depuis un an une série d’actions visant à accélérer l’ensemble du parcours de recherche clinique. Des succès, en lien avec les propositions que nous avions formulées, qui ont été valorisés pendant l’événement organisé à l’ICM.
La mise en place du dispositif fast-track pour les autorisations d’essais cliniques, lancée en mars 2026, a constitué une première étape majeure. Elle s’est accompagnée d’une initiative publique-privée inédite, portée par les Centres labellisés INCa de phase précoce (CLIP²), l’Institut national du cancer (INCa) et le Leem, afin de réduire à quinze jours maximum le délai entre l’autorisation d’un essai clinique précoce et l’inclusion du premier patient.
Jérôme Garnier, directeur médical et onco-hématologie de Bristol-Myers Squibb (BMS), représentant de la Mission Recherche & Santé publique du Leem, a témoigné de l’expérience réussie dans son entreprise : « Grâce à une organisation collective anticipée, nous avons réussi à inclure un premier patient en 74 jours (au lieu de 185 en moyenne pour la France sur 2025). L’enjeu est désormais de pérenniser ce succès et de l’étendre afin de renforcer durablement l’attractivité de notre pays pour les essais de phase précoce. »
La simplification du cadre de la recherche clinique a également progressé avec les mesures de décentralisation introduites par la loi de simplification de la vie économique et la publication de recommandations favorisant le recours au consentement électronique.
Enfin, la visibilité de la recherche clinique française a été renforcée tant auprès du grand public, grâce au dispositif d’information national sur les essais cliniques, qu’à l’international avec le lancement de My French Clinical Trial, première vitrine destinée à promouvoir les atouts de la France auprès des promoteurs internationaux.
My French Clinical Trial : une nouvelle vitrine pour la recherche clinique française
Co-construite par F-CRIN et la French Healthcare avec le soutien et la contribution du Leem, de l’Inserm, du CNCR, d’Unicancer, de l’AFCROs, du Snitem et de Business France, la plateforme My French Clinical Trial vise à faciliter la réalisation d’essais cliniques en France.
En proposant aux promoteurs, notamment internationaux, un point d’entrée unique vers l’écosystème français de recherche clinique et les démarches associées, elle contribue à renforcer la visibilité, la lisibilité et l’attractivité du territoire.
Découvrir la plateforme : https://frenchhealthcare.fr/solutions/my-french-clinical-trial/
Changer d’échelle pour renforcer l’accès des patients à l’innovation
À l’occasion de cet événement, les ministres ont annoncé plusieurs mesures structurantes pour l’avenir : le refinancement des Instituts Hospitalo-Universitaires (IHU), l’identification de dix priorités pour la compétitivité de la recherche clinique française et la création de la Direction générale de la Recherche, de l’Innovation et du Numérique en Santé (DGRINES), dont la feuille de route sera mise en œuvre sous la direction de Lise Alter.
Le Leem se félicite de ces annonces auxquelles les entreprises du médicament ont activement contribué. Mais cette avancée ne suffit pas seule : les prochaines étapes doivent permettre de franchir un nouveau cap, notamment en étendant les dispositifs fast-track aux essais internationaux multicentriques et en accélérant l’utilisation des nouvelles méthodologies de recherche clinique fondées sur les données de vie réelle et les données virtuelles lorsque celles-ci sont scientifiquement pertinentes. Ces travaux figurent parmi les leviers identifiés pour renforcer l’attractivité du territoire, au même titre que l’accord-cadre et le PLFSS, sur lesquels nous attendons une politique cohérente du Gouvernement.
Cette mobilisation est d’autant plus essentielle que la concurrence internationale s’intensifie. Aujourd’hui, pour rappel, l’Europe ne représente plus qu’environ 20% des essais cliniques réalisés dans le monde, loin derrière l’Asie, qui concentre désormais 63% de l’activité mondiale.
« Face aux investissements massifs engagés par les États-Unis et la Chine, nous n’avons plus le luxe de nous satisfaire de succès isolés. Il faut changer d’échelle. Chaque essai clinique gagné, c’est un accès plus rapide à l’innovation pour les patients, davantage d’expertise pour nos équipes médicales, sans parler des retombées économiques positives pour nos hôpitaux, avec une capacité à capter la production des lots cliniques. C’est tout simplement un renforcement de notre souveraineté sanitaire. La feuille de route portée par la DGRINES doit permettre de faire de la recherche clinique et de l’utilisation des données de santé une véritable priorité nationale », commente Frédéric Lavie, directeur Recherche & Innovation du Leem.
[1] Madame Stéphanie RIST Ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Monsieur Philippe BAPTISTE Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace et Monsieur Sébastien MARTIN, Ministre délégué chargé de l’Industrie.