Publié le 4 août, au coeur des vacances scolaires, le rapport de l’Inspection générale interministérielle du secteur social (Igas) sur la périnatalité confirme le diagnostic et reprend, pour l’essentiel, les préconisations déjà formulées par les sociétés savantes et les précédents rapports de la Cour des comptes et du Sénat : révision des décrets de périnatalité, renforcement de la prévention et du suivi pré et post natal, renforcement des services de néonatologie… Il s’écarte, en revanche, du large consensus existant sur le grave sujet de la pénurie de ressources humaines et sur celui de la réorganisation de l’offre de soins, qui sont intimement liés. Il développe sur ces thématiques une analyse dangereuse pour la santé publique et ouvertement méprisante pour les personnels soignants, pour, en définitive, ne proposer aucune solution.
Il manque 1000 gynécologues-obstétriciens dans les maternités
Une récente étude a montré qu’il manquait près de 1 000 gynécologues-obstétriciens à temps plein dans les maternités en 2021 pour assurer la permanence des soins, et que 66 % des équipes obstétricales étaient en tension . Le rapport de l’Igas reconnaît cette grave pénurie et constate son aggravation. Il relève ainsi qu’entre 2013 et 2023, le nombre de gynécologues-obstétriciens par salle de naissance a diminué de près de 30 % et celui des sages-femmes de 10 % (page 70 du rapport).
Cette crise des ressources humaines touche toutes les spécialités indispensables pour assurer la permanence des soins en maternité. Elle est le fait de conditions de travail et de sécurité dégradées, qui détournent les jeunes professionnels des salles de naissance.
Pour y remédier, un très large consensus s’est dégagé pour juger urgent de regrouper les moyens et les forces sur des plateaux d’accouchement moins nombreux, mais offrant des conditions optimales de travail et de sécurité. Ce constat est partagé par l’ensemble des sociétés savantes du champ de la périnatalité et a été repris par les rapports que le Sénat et la Cour des comptes ont publiés en 2024 sur le sujet.
Seule l’Igas s’écarte de ce consensus alors même qu’elle constate que « la situation des ressources humaines sur la périnatalité est tendue dans toutes les régions » (p. 84 et 182), que cela « peut avoir un effet direct sur la sécurité, la qualité et l’accessibilité des soins » (p. 182) et que la révision en cours des ratios de personnel dans les services hospitaliers « accentuera les tensions et accélérera la fermeture de lits, de salles de naissance » (p. 92).