L’USPO a pris connaissance avec consternation du communiqué conjointement publié par Convergence Infirmière le 25 septembre et UFML-S le 26 septembre.
Contester une politique de santé est légitime. Débattre de l’organisation des soins est nécessaire. Dénigrer et calomnier une autre profession de santé n’est aucunement acceptable.
Accuser publiquement les pharmaciens de bénéficier d’une supposée « collusion », évoquer des « petits arrangements entre amis » ou laisser entendre que des actes de santé seraient réalisés de manière illégitime dans les pharmacies, dépasse très largement le cadre d’un débat professionnel.
Ces propos portent atteinte à l’honneur des pharmaciens d’officine et de leurs équipes, notamment des préparateurs en pharmacie, qui sont eux aussi des professionnels de santé, dont la formation a été universitarisée et se poursuit jusqu’au niveau licence.
L’USPO ne laissera pas passer.
En ma qualité de président de l’USPO, je saisis ce jour les juridictions ordinales compétentes concernant les auteurs de ce communiqué.
Le Code de déontologie infirmier est pourtant particulièrement clair : il interdit de calomnier un autre professionnel de santé, d’en médire ou de se faire l’écho de propos susceptibles de lui nuire dans l’exercice de sa profession. La déontologie médicale impose également le respect des autres professions de santé et de leur indépendance professionnelle.
Mais la situation est d’autant plus sérieuse qu’il existe un précédent.
Une première procédure avait déjà été engagée contre Convergence Infirmière à la suite de propos visant les pharmaciens en janvier dernier. Elle s’était conclue par une conciliation au cours de laquelle Convergence Infirmière s’était engagée à ne plus dénigrer la profession de pharmacien. Cet engagement semble aujourd’hui avoir été oublié.
Lorsque l’on a déjà été rappelé à ses obligations, que l’on a accepté une conciliation et pris l’engagement de ne pas recommencer, renouveler de tels propos ne peut être considéré comme anodin. L’ensemble des éléments relatifs à cette précédente procédure et aux engagements pris sera naturellement transmis aux juridictions ordinales compétentes. Les sanctions disciplinaires encourues ne sont pas symboliques et peuvent, selon la gravité des faits, aller de l’avertissement et du blâme jusqu’à des mesures d’interdiction d’exercice.
On peut défendre sa profession sans salir celle des autres.
Les pharmaciens ne prétendent pas être médecins.
Ils ne prétendent pas être infirmiers.
Les préparateurs en pharmacie ne prétendent pas davantage exercer une autre profession que la leur.
Tous sont des professionnels de santé, avec leurs compétences, leurs diplômes et leurs responsabilités.
Les nouvelles missions confiées aux pharmaciens ne sont le fruit ni de « collusions », ni de « petits arrangements entre amis ». Elles résultent de choix législatifs, réglementaires et de santé publique destinés à améliorer l’accès aux soins.
Dans un système de santé sous tension, les patients attendent de leurs professionnels de santé qu’ils coopèrent. Pas qu’ils se dénigrent publiquement.
L’USPO continuera à défendre une coopération respectueuse entre toutes les professions de santé. Mais le respect doit être réciproque.
À chacun désormais d’assumer ses propos et ses engagements devant son Ordre professionnel.
Pierre-Olivier VARIOT, Président de l’USPO.