Face à l’augmentation des signalements en matière de santé et à la prolifération de pratiques de soins non conventionnelles à risque, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) publie son nouveau guide « Santé et dérives sectaires », réalisé en collaboration avec le ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées et les Ordres professionnels de santé. Le ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées présente également le « Dérivomètre », un outil pédagogique destiné à aider chacun à identifier les situations à risque et à adopter les bons réflexes.
Complémentaires, ces deux outils ont vocation à renforcer l’information et la prévention et à donner à chacun des repères juridiques et des outils pour détecter, prévenir et signaler les risques d’emprise mentale dans le domaine de la santé ainsi que des repères concrets pour savoir comment réagir face à une situation préoccupante.
Un domaine de vulnérabilité majeur
Le secteur de la santé et du bien-être est aujourd’hui le premier secteur d’activité pour lequel la Miviludes reçoit des signalements et demandes d’informations. L’essor des réseaux sociaux et la désinformation médicale ont accéléré la diffusion d’offres thérapeutiques « miracles », pseudoscientifiques ou charlatanesques. Ces pratiques entraînent fréquemment des pertes de chance graves dues à l’abandon de soins conventionnels, des préjudices financiers majeurs ainsi qu’un isolement social pour les victimes mises en état de sujétion psychique.
Des fiches métiers pour les professionnels du soin
Fruit d’un travail partenarial approfondi, le guide intègre des fiches métiers élaborées avec les conseils nationaux des Ordres professionnels (médecins, pharmaciens, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, sage-femmes, chirurgiens-dentistes, pédicures-podologues). Ces fiches identifient les signaux d’alerte spécifiques à chaque profession et précisent les conduites à tenir face à un patient sous emprise ou à des pratiques suspectes.
Un cadre juridique actualisé
Le guide précise les évolutions législatives récentes, notamment les dispositions de la loi du 10 mai 2024 visant à renforcer la lutte contre les dérives sectaires. Il rappelle les infractions spécifiques (provocation à l’abandon de soins, abus de l’état de sujétion) et récapitule les leviers d’action et de signalement mis à la disposition des professionnels et des usagers.
« Nous pouvons tous connaître, au cours de notre vie, des moments de fragilité, liés à la maladie, à la souffrance ou à une situation personnelle difficile. Certains cherchent précisément à profiter de ces vulnérabilités pour développer une emprise. Face aux dérives sectaires, nous devons agir avant que cette emprise ne s’installe : mieux informer les patients, donner aux professionnels les bons réflexes et mieux protéger les personnes vulnérables. C’est tout le sens de ce guide : permettre de reconnaître les signaux d’alerte, de savoir vers qui se tourner et de préserver le libre arbitre de chacun. »
Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté auprès du ministre de l’Intérieur.
Le « Dérivomètre », un outil concret pour mieux repérer les situations à risque
En complément du guide, le ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées déploie le « Dérivomètre », un outil pédagogique destiné au grand public pour mieux repérer les situations à risque liées aux pratiques non conventionnelles en santé (PNCS). Parfois qualifiées de « médecines alternatives », « médecines complémentaires » ou « médecines douces », ces pratiques recouvrent des approches très diverses. Elles ont pour caractéristique commune de ne pas être validées scientifiquement selon les mêmes standards que les pratiques de soins conventionnelles.
Construit en lien avec les Ordres professionnels de santé, le Dérivomètre propose trois niveaux de vigilance — « je reste attentif », « je fais une pause » et « je dis stop » — associés à des conduites à tenir concrètes. Il aide notamment à repérer des signaux d’alerte tels que la critique de la médecine ou des traitements, l’incitation à modifier ou interrompre un traitement sans avis médical, les promesses de guérison « miracle », l’isolement vis-à-vis de l’entourage ou du médecin, ou encore certains actes invasifs sans cadre médical. Il rappelle également les bons réflexes à adopter : ne jamais interrompre un traitement sans avis médical, en parler à son médecin ou à son pharmacien en cas de doute et, face à une situation préoccupante, savoir interrompre la relation et alerter les interlocuteurs compétents.
« Face à la multiplication des pratiques non conventionnelles en santé et à la diffusion d’informations parfois trompeuses, notre responsabilité est de donner à chacun les moyens de faire des choix éclairés pour sa santé. Construit avec les Ordres professionnels de santé, le Dérivomètre apporte des repères simples pour identifier les situations à risque, adopter les bons réflexes et préserver le dialogue avec les professionnels de santé. Parce qu’aucune personne ne doit être laissée seule face aux dérives ou aux fausses promesses, cet outil contribue à mieux protéger nos concitoyens. » Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées.
Consulter et télécharger le guide :
Le guide complet est accessible dès aujourd’hui sur le site internet de la Miviludes.
Consulter et télécharger le dérivomètre :
L’outil est accessible et téléchargeable sur le site du ministère en charge de la Santé :
Le dérivomètre – Ministère de la Santé, de la Famille, de l’Autonomie et des Personnes handicapées
Secrétariat d’Ariane VINCENT, conseillère presse et communication
Ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées
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Cabinet de Mme Marie-Pierre VEDRENNE,
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