La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publie une étude sur le métier d’aide à domicile. Y sont présentées les caractéristiques des emplois (temps de travail et horaires), ainsi que les perceptions du métier par les aides à domicile en termes d’autonomie, de pénibilité physique de leur travail, de charge mentale et émotionnelle et de sentiment de reconnaissance. Les données présentées portent sur l’année 2023.
Les aides à domicile plus fréquemment en temps partiel que l’ensemble des personnes en emploi
En 2023, 466 000 personnes exercent en France (hors Mayotte) en tant qu’aides à domicile dans leur emploi principal. Elles accompagnent des personnes en perte d’autonomie ou en situation de handicap dans les tâches de la vie quotidienne (toilette, habillage, déplacements, prise de médicaments).94 % d’entre elles sont des femmes. Ils sont 74 % à exercer à temps partiel et 26 % à travailler à moins d’un mi-temps, contre respectivement 17 % et 4 % de l’ensemble des personnes en emploi.
Le temps partiel est le plus souvent subi, les employeurs proposant rarement des contrats à temps complet, tandis que les temps de déplacement entre les différents lieux de travail et la concentration des interventions sur des créneaux horaires bien précis limitent les possibilités d’augmenter le temps de travail.
Des conditions de travail plus favorables chez les particuliers employeurs que dans les secteurs public et privé
Les aides à domicile employés par des particuliers travaillent un volume d’heures moins élevé que celui des salariés des secteurs public et privé. 58 % d’entre eux exercent à moins d’un mi-temps, contre seulement 11 % des aides à domicile salariés des secteurs public ou privé. Ils effectuent plus souvent cette activité en complément d’autres sources de revenus (emploi, retraite, etc.).
Les aides à domicile salariés des particuliers employeurs profitent de conditions plus favorables. En l’absence d’intermédiaire (association, collectivité etc.), ils choisissent plus souvent leurs horaires (au moins partiellement) : 58 % déclarent avoir cette possibilité contre 19 % des aides à domicile salariés des secteurs public et privé. Par ailleurs, leur emploi du temps est plus régulier : 15 % seulement ont des horaires variables d’une semaine à l’autre contre 47 % des aides à domicile salariés du public et privé.
Le métier d’aide à domicile marqué par une forte pénibilité physique mais une moindre charge mentale
Les aides à domicile souffrent physiquement de leur métier. En 2023, 83 % d’entre eux indiquent effectuer des mouvements douloureux ou fatigants contre 44 % de l’ensemble des salariés (graphique). 90 % doivent rester longtemps debout contre 52 % pour l’ensemble des salariés. 66 % sont amenés à porter ou déplacer des charges lourdes, contre 40 % de l’ensemble des salariés.
En revanche, les aides à domicile témoignent d’une charge mentale moindre que l’ensemble des salariés. Le morcellement de leur travail n’impose pas de longues périodes de concentration et l’absence de hiérarchie leur permet d’évoluer dans un environnement moins contraignant. En 2023, 14 % des aides à domicile indiquent travailler « toujours » ou « souvent » sous pression (deux fois moins que l’ensemble des salariés), et 32 % rapportent devoir penser à trop de choses à la fois dans leur travail, contre 49 % pour l’ensemble des salariés.
Des disparités territoriales notables du temps d’attente pour entrer en Ehpad mais des écarts qui se réduisent depuis 2019
Les disparités régionales de temps d’attente pour les places en Ehpad sont fortes. En Bretagne, dans les Pays de la Loire et en Auvergne-Rhône-Alpes, l’attente est plus longue qu’ailleurs en France métropolitaine. La moitié des résidents entrés en Ehpad en hébergement permanent en Bretagne en 2023 ont attendu moins de 57 jours pour obtenir une place.
Néanmoins, entre 2019 et 2023, le temps d’attente pour obtenir une place en Ehpad baisse dans toutes les régions métropolitaines, hormis dans les Hauts-de-France où il stagne, et les disparités régionales se réduisent.
Les disparités locales s’expliquent davantage par des différences dans l’offre médico-sociale (tarif, politique de maintien au domicile) que par des différences de taux d’équipement en places d’hébergement.
L’attente avant l’entrée en Ehpad dépend aussi de l’état de santé et du niveau d’autonomie des personnes. L’admission est ainsi plus rapide après une hospitalisation que depuis le domicile.