L’accès aux soins est un enjeu majeur pour le système de santé : la présence de médecins généralistes sur tout le territoire, la possibilité pour chaque patient de bénéficier d’un suivi par un médecin traitant et l’organisation d’une prise en charge adaptée à leur état de santé sont autant de leviers qui permettent de répondre aux besoins de la population.
La convention médicale, conclue en 2024 entre l’Assurance Maladie et les syndicats représentatifs des médecins libéraux, porte plusieurs engagements pour répondre à ces enjeux. Elle prévoit notamment des mesures visant à rendre attractive la profession et à favoriser l’installation des médecins généralistes, à renforcer le suivi des patients et à développer des dispositifs permettant de faciliter l’accès aux soins sur l’ensemble du territoire.
Mis en place en décembre 2024 par l’Assurance Maladie, l’Observatoire de l’accès aux soins permet de suivre les évolutions dans ces différents domaines. Les résultats actualisés au 30 juin 2026, désormais disponibles en ligne, dressent un état des lieux à mi-année : ils permettent de mesurer les progrès réalisés et d’identifier les leviers sur lesquels les efforts doivent se poursuivre.
L’Observatoire rassemble huit indicateurs portant notamment sur les installations de médecins généralistes, l’accès à un médecin traitant, la patientèle des médecins libéraux, le développement des assistants médicaux, l’adhésion des médecins aux dispositifs Optam-OptamAco et la couverture du Service d’accès aux soins (SAS). Ces données, disponibles aux niveaux national et local en open data sur Data ameli, permettent à chacun de suivre les évolutions de l’accès aux soins et d’en mesurer les enjeux au plus près des territoires.
Les premiers résultats de 2026 mettent en lumière une progression soutenue des installations de médecins généralistes. Sur douze mois à fin juin 2026, les primo-installations augmentent de 22,8%, avec une hausse encore plus marquée dans les zones d’intervention prioritaire (ZIP), où elles progressent de 28,5%. Ces résultats vont dans le sens d’un renforcement de la présence médicale dans les territoires, tandis que l’accès à un médecin traitant continue de s’améliorer pour les patients en ALD. D’autres indicateurs, portant notamment sur la patientèle des médecins généralistes et l’accès financier aux soins spécialisés, complètent cet état des lieux.
Synthèse des résultats accessibles par indicateur
Note : les indicateurs comprenant des chiffres sur les médecins généralistes concernent le champ des médecins généralistes hors MEP (médecins à expertise particulière).
Médecins généralistes : une hausse marquée des installations, y compris dans les territoires prioritaires
La présence de médecins généralistes dans les territoires constitue un enjeu central pour répondre aux besoins de santé de la population : ils assurent le suivi médical des patients, les orientent dans leur parcours de soins et sont des acteurs essentiels des actions de prévention.
Les données au 30 juin 2026 confirment la dynamique positive observée en 2025 : sur douze mois, les primo-installations progressent de 22,8%, soit 523 installations de plus que sur les douze mois précédant fin juin 2025. En 2025 déjà, 2 810 médecins généralistes s’étaient installés pour la première fois en libéral, contre 2 130 en 2024.
La tendance est également forte dans les zones d’intervention prioritaire (ZIP), identifiées comme les territoires les plus fragiles en matière d’offre de soins, où les installations progressent de 28,5% sur douze mois à fin juin 2026, soit 182 médecins généralistes de plus par rapport aux douze mois précédents. Cette hausse prolonge celle observée en 2025, qui avait compté 891 installations en ZIP sur l’année.
Dans un contexte qui demeure marqué par de fortes tensions démographiques, ces résultats témoignent d’une dynamique favorable, particulièrement dans les territoires les plus fragiles. Ils sont le reflet d’une évolution encourageante de la répartition territoriale des médecins généralistes libéraux, essentielle pour répondre aux besoins des populations les plus exposées aux difficultés d’accès aux soins.
Un accès au médecin traitant qui s’améliore pour les patients en ALD
Le médecin traitant occupe un rôle pivot dans le parcours de soins de ses patients : il assure un suivi sur le long terme, coordonne leur prise en charge et peut les orienter vers les autres professionnels de santé. Pour les personnes atteintes d’une affection de longue durée (ALD), l’accès à un médecin traitant revêt une importance particulière. Le suivi régulier de leur état de santé et la coordination de leurs soins sont essentiels pour assurer une prise en charge adaptée dans la durée.
La part des patients en ALD sans médecin traitant poursuit sa baisse en lien notamment avec le plan d’action lancé en 2023 par l’Assurance Maladie aux côtés des médecins et de l’ensemble des acteurs concernés : après être passée de 5,6% fin 2022 à 4,3% fin 2025, elle s’établit à 4,1% au 30 juin 2026. Elle diminue ainsi de 0,2 point en six mois, alors que le nombre de patients en ALD continue d’augmenter (+2,6% en 2025 par rapport à 2024).
Dans le même temps, les médecins généralistes continuent d’assurer le suivi d’un nombre important de patients : la patientèle moyenne des médecins généralistes au titre de leur activité de médecin traitant est en légère diminution mais reste relativement stable, à 1 048 patients (-0,4%) au 30 juin 2026, un niveau comparable à celui observé en 2024 et en 2025.
La file active moyenne des médecins généralistes, correspondant au nombre de patients différents vus au moins une fois dans l’année, est en revanche en baisse de 2,5% sur douze mois. Sur la même période, la file active moyenne des médecins spécialistes est en légère diminution avec un taux d’évolution de -0,3%.
Concernant l’accès financier aux soins, au 30 juin 2026, le taux d’adhésion des médecins de secteur 2 à l’Optam et à l’Optam-ACO s’établit à 45,4%. Fin 2025, le nombre de médecins adhérents s’établissait à 15 461, soit 1 832 adhérents de moins qu’en 2024. Cette évolution intervient dans le contexte du renouvellement des contrats d’adhésion prévu par la nouvelle convention médicale. Cette campagne a également permis de ne pas reconduire les contrats des médecins ne remplissant plus les critères d’éligibilité.
Assistants médicaux et SAS : des dispositifs qui poursuivent leur développement
Au-delà du nombre de professionnels de santé installés, le renforcement de l’accès aux soins passe également par des organisations permettant de mieux mobiliser le temps médical et de faciliter la réponse aux besoins des patients. Le développement des assistants médicaux et l’accès aux soins non programmés contribuent tous deux à cet objectif.
Ainsi, depuis son lancement en 2019, le dispositif d’aide à l’emploi des assistants médicaux vise à accompagner les médecins dans leur pratique quotidienne pour leur permettre de libérer davantage de temps médical à consacrer aux patients. Au 30 juin 2026, 9 987 contrats avaient ainsi été signés, toutes spécialités confondues, contre 9 304 à la fin de l’année 2025.
Autre levier majeur d’organisation des soins : la réponse aux demandes de soins urgents et non-programmés sur l’ensemble du territoire. Au 30 juin 2026, le Service d’accès aux soins (SAS) couvrait 98,5 % de la population, une couverture quasi généralisée et stable par rapport à fin 2025.
Un suivi régulier pour mieux appréhender les enjeux d’accès aux soins
Les résultats de l’Observatoire au 30 juin 2026 témoignent d’avancées favorables sur plusieurs leviers, tout en rappelant que l’amélioration durable de l’accès aux soins est un enjeu de long terme, qui mobilise de nombreux acteurs et nécessite des réponses adaptées aux réalités des territoires.
Au regard de l’évolution des besoins de santé de la population et des conditions d’exercice des médecins, l’accès aux soins repose sur la complémentarité de plusieurs leviers : renforcer la présence médicale dans les territoires, faciliter le suivi des patients et adapter l’organisation des soins. En proposant une vision actualisée et territorialisée de ces enjeux, l’Observatoire permet d’en suivre les évolutions dans la durée. Ses indicateurs continueront d’être mis à jour et à la disposition de tous en open data sur Data ameli.
Sources des données
Les données présentées sur ce site sont issues du Système National des Données de Santé (SNDS), et de bases internes à l’Assurance Maladie. Plus précisément, les données relatives à la patientèle sont issues de la base de données individuelles des bénéficiaires (Datamart de Consommation Inter-Régimes – DCIR) les données relatives aux effectifs de médecins de secteur 2 sont issues de la base de données individuelle des professionnels de santé « Assurance Maladie offre de soins » (Amos réglementaire restitution archives inter-régimes). Les données relatives aux installations, à la patientèle « médecin traitant », à l’Optam et aux contrats d’aide à l’emploi d’assistant médicaux sont issues de bases internes de l’Assurance Maladie.
Les données de couverture populationnelle du service d’accès aux soins (SAS) sont issues du Ministère de la santé (déploiement des SAS dans les départements), et de l’Insee (pour le calcul de la population couverte).
Pour plus d’informations sur le SNDS, consulter la page Présentation du système national des données de santé (SNDS) dans la rubrique Études et données du site ameli.fr
Tous les indicateurs sont déclinés par région et département. L’ensemble des données est accessible en open data sur Data ameli.
Contact presse : presse.cnam@assurance-maladie.fr