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L’association IMAGYN lance un plaidoyer en faveur de l’accès aux soins pour les femmes touchées par un cancer du col de l’utérus avancé ou métastatique (Communiqué)

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« Aujourd’hui en France 400 femmes vivant avec un cancer du col de l’utérus en récidive ou métastatique sont privées de traitement !

3 000 femmes découvrent, chaque année, qu’elles ont un cancer du col de l’utérus souvent à un stade avancé.

Nous patientes et membres de l’association IMAGYN demandons le retour, en urgence, du bevacizumab (Avastin®) en liste en-sus pour permettre à ces femmes, épouses, mères, soeurs et leur entourage de poursuivre leur projet de vie dans la dignité jusqu’au bout !

Nous ne sommes ni manipulées ni instrumentalisées par quiconque.

Nous demandons juste la garantie d’un accès aux soins pour tous (toutes) qui est un droit, rappelons-le, inscrit dans la constitution.

Depuis janvier 2017, notre association se mobilise avec force et détermination pour le retour du bevacizumab (Avastin®) en liste en-sus pour les femmes vivant avec un cancer du col de l’utérus en récidive ou métastatique.  Nous avons évidemment  alerté les pouvoirs publics, institutions de santé, décideurs, élus politiques … Beaucoup de promesses…Puis le silence…Nous continuons !!!

A l’approche du creux estival, nous sommes particulièrement préoccupées pour ces femmes malades et leurs proches. Des patientes qui contactent l’association, parfois désespérées, à la recherche de solutions de prise en charge dans un lieu de soins délivrant (encore) le traitement. Nous sommes démunies pour leur répondre. Sans recours thérapeutique, sans espoir, certaines d’entre-elles recevront une condamnation rapide et sans appel : la mort.

Rappel des faits

Pour les femmes qui souffrent de formes avancées de la maladie, les choix thérapeutiques étaient pendant longtemps restreints à la seule chimiothérapie.

Selon les études scientifiques réalisées (ref 1-4), le seul progrès notable depuis 20 ans a été l’introduction du bevacizumab (Avastin®). Ce traitement a donné aux patientes un nouvel espoir dans les cancers du col de l’utérus en récidive ou métastatique avec un gain de près de 25% de médiane de survie (ref 1) tout en gardant une bonne qualité de vie (ref 2). Pour beaucoup de ces femmes, leurs proches, ce gain de vie reste essentiel car il permet parfois de poursuivre un projet de vie ou simplement de préparer son « départ » en rédigeant par exemple ses directives anticipées.

Cet espoir s’est effondré brutalement à la publication d’un arrêté Journal Officiel le 28 décembre 2016 qui précise le retrait de l’Avastin® de la liste en-sus dans le traitement du cancer avancé du col de l’utérus. 

Et depuis ?

C’est donc aux établissements de soins maintenant de devoir assumer la dépense de ce produit pour les patientes atteintes de cancer du col de l’utérus, alors qu’il est remboursé pour d’autres cancers. Or la situation budgétaire actuelle de la plupart des établissements ne leur permet pas d’assumer ce surplus de dépense. La plupart des lieux de soins ne permettent donc plus sa prescription par les médecins pour traiter les patientes atteintes de cancer du col de l’utérus. Nous insistons, ce traitement par bevacizumab reste la seule réponse thérapeutique en dehors de la chimiothérapie pour les femmes en situation de récidive ou métastatique de leur cancer du col de l’utérus.

Précisons que l’Avastin® continue à être remboursé dans d’autres pays européens pour cet usage : l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne…

Les patientes devront-elles s’organiser en touristes médicales pour suivre ce traitement ? Les malades du cancer coutent-ils si chers en France?

Les médecins et experts internationaux du GINECO, avec lesquels IMAGYN, coopère précise ceci : “Cette politique d’économie sur le dos des malades n’est ni légitime ni le fruit d’une concertation avec les cancérologues et les patients eux-mêmes. Elle heurte notre conscience médicale et préfigure le déclassement de la cancérologie française qui est pourtant une des toutes meilleures au monde. Tout cela pour des économies modestes : la prise en charge du cancer représente 10 % des dépenses de l’Assurance-Maladie ; les médicaments anticancéreux de l’ordre de 1,5 %. “. (Tribune du 31 janvier 2017 republiée dans le Quotidien du médecin-18 mai 2017)

Cette décision arbitraire de retirer l’Avastin® de la liste en-sus est vécue par ces femmes, leur entourage, comme une injustice, une double peine.

Pour IMAGYN, il ne peut y avoir une médecine à deux vitesses, un accès aux soins selon la taille de son porte-monnaie, son réseau de connaissances ou son lieu d’habitation. 

Grâce à la mobilisation citoyenne, au soutien de l’opinion publique, continuons à porter hautement la voix des patientes !

Nous avons initié une pétition qui est toujours en ligne.

Elle recueille à ce jour 9200  signatures !

Signez et partager encore et encore… Chaque signature est précieuse ! »

En rappel

L’association IMAGYN participe activement aux travaux de recherches menés dans les cancers gynécologiques. Elle sensibilise, informe et soutient les femmes touchées par ces cancers en favorisant rencontres et échanges partout en France avec la tenue des Cafés IMAGYN. Le prochain aura lieu à Paris, Hôpital de l’Hôtel-Dieu le mardi 27 juin à 15h30.

Références

1-Improved survival with bevacizumab in advanced cervical cancer. Tewari KS et al. N Engl J Med. 2014 Feb 20; 370(8):734-43.

2- Bevacizumab for advanced cervical cancer: patient-reported outcomes of a randomised, phase 3 trial (NRG Oncology-Gynecologic Oncology Group protocol 240).Penson RT et al. Lancet Oncol. 2015 Mar; 16(3):301-11.

3-Beyond Chemotherapy: An Overview and Review of Targeted Therapy in Cervical Cancer. Crafton SM, Salani R. Clin Ther. 2016 Mar; 38(3):449-58

4- Bevacizumab for the treatment of cervical cancer. Bizzarri N et al.  Expert  Opin Biol Ther. 2016; 16 (3):407-19

Contact presse : Sihame HABA  – Sihame.haba@orange.fr

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