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Rapport de Thomas Mesnier : « une adaptation cosmétique », selon l’UFML-Syndicat (Communiqué)

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L’UFML-Syndicat voit dans le rapport de Thomas Mesnier une adaptation cosmétique au système actuel avec toujours plus de forfaits et de « filalapattes » pour les médecins et appelle à une révolution systémique avec une gouvernance partagée entre administration, soignants et patients, à un plan de relance de l’attractivité de la médecine libérale, et à une simplification des exercices pour gagner un retour de la confiance.

Dès le départ – « … dans la loi le principe de responsabilité territoriale des professionnels de santé en matière de prise en charge des premiers soin », l’UFML-S s’interroge : comment peut-on imaginer un seul instant rendre les médecins pénalement et ou civilement responsables d’un territoire alors que ce sont l’ARS et la préfecture qui définissent à la fois le nombre d’effecteurs et la surface des territoires ?

Cette proposition ne pourrait s’envisager que dans le cadre où les médecins auraient la pleine et entière responsabilité de l’organisation territoriale, or à la lecture du rapport de Thomas Mesnier, les ARS voient leurs rôles et pouvoirs renforcés.

2e proposition. « Labelliser après incitation des initiatives des professionnels de santé et appel d’offre des organisations de soins non programmés/premier soins ».
Pourquoi labelliser ? L’activité des soins non programmés/premiers soins est la base de la pratique en médecine générale. Faut-il labelliser la base de l’activité ? L’UFML-S appelle à libérer la pratique du « filalapatte » administratif qui depuis des années entrave la bonne marche de la médecine libérale.

3e proposition. « Des demi-journées dédiées aux soins non programmées, élément d’un contrat des médecins avec la population et le territoire ».
Cette proposition renvoie à la responsabilité territoriale qui ne peut s’envisager sans donner le leaden terme d’organisation à la profession, et non aux organismes de tutelles. Au-delà des mots et des annonces, l’urgence est à la relance de l’attractivité de la médecine générale libérale, pas à rechercher des demi-journées alors même que les médecins en exercice croulent sous les demandes.

4e et 5e propositions. « Renforcer les financements actuels vers les équipes de professionnels de santé qui s’engagent pour leur territoire », et « Modifier la loi pour permettre aux médecins d’une organisation de soins non programmés labellisée par l’ARS d’être considérés comme le médecin traitant du patient le consultant ».
Que vient faire le « label ARS » pour de l’activité non programmée ? Ce n’est pas en en rendant l’exercice plus dépendant encore du système qui le plombe depuis des années que l’on développera l’exercice !

7e proposition. « Orienter les agences régionales de santé et les caisses d’Assurance maladie davantage vers l’appui, l’accompagnement, la simplification plutôt que le contrôle ».
Ceci est un sommet de « l’illusionisme » car en effet l’expérience montre que lorsque « l’appui et l’accompagnement » financent et labellisent un système, ils le dirigent plus qu’ils ne l’accompagnent. Une question doit être posée : les médecins, les professionnels du soin ont-ils besoin de l’ARS et de l’Assurance maladie pour organiser leur exercice ?

Propositions 8 à 9 et 12 à 14 n’appellent pas de commentaires mais l’UFML-S insiste sur la nécessité d’un retour de la confiance, seul socle de la réussite, qui passe par une profession au minimum co-gestionnaire du système.

Les propositions 10 et 11. « Proposer progressivement, à ce même numéro, non seulement une régulation et une orientation médicales, mais également un conseil médical, une organisation du parcours de soins, des consultations de télémédecine ».
Ces propositions sont en rupture totale avec le modèle libéral de l’exercice. Il s’agit là potentiellement d’une main mise globale de l’administration sur l’exercice ou d’une dérive financière par ubérisation de la médecine, si la régulation n’est pas totalement aux mains de la profession, cette dérive inacceptable possible nécessite un éclaircissement.

15e proposition. « Libérer du temps médical et renforcer la coopération et les parcours, développer les soins coordonnés entre les médecins et les autres professionnels de santé via le partage de compétences dans le cadre de protocoles nationaux à mise en oeuvre locale ».
Une usine à gaz à venir ! Le système requiert de la souplesse, de la réactivité, plus que de protocole, d’encadrement, de contrat, de label et de dépendance.

16e proposition. « Encourager les visites à domicile et les partager entre les professionnels de santé ».
L’UFML-S rappelle que le nombre de visites a diminué fortement depuis 2002 au regard de tarifs sans lien avec le temps et la responsabilité engagés. Il faut donc les encourager à la fois par des tarifs plus attractifs et une facilitation de l’exercice. A cet égard, rappelons le scandale des stationnements payants pour les médecins dans un trop grand nombre de villes.

17eproposition. « Renforcer l’accès aux soins pour les personnes âgées en EHPAD en permettant aux médecins coordonnateurs d’EHPAD de prescrire et d’être médecin traitant, si les résidents le souhaitent ».
Danger ! Les structures médico-sociales peuvent être tentées d’agir sur les pratiques des médecins coordonnateurs afin de minorer le coût des soins, alors que les médecins généralistes de villes permettent d’éviter cette possible dérive. Il est donc nécessaire de favoriser là encore leurs interventions par une plus grande attractivité de la profession seule à même de multiplier les installations et le partage de l’activité.

18e et 19e propositions sans commentaires.

www.ufml-syndicat.org

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