Alors que les comptes sociaux connaissent une dérive historique, la soutenabilité de notre modèle de protection sociale n’est plus une question théorique. Les lois de financement de la sécurité sociale successives ont permis d’amortir les chocs, mais, faute de vision stratégique, sans jamais traiter les déterminants démographiques, organisationnels et structurels de la dépense.
À 15 mois de l’élection présidentielle et dans le contexte institutionnel et politique plus que fragmenté que nous connaissons, la capacité même à voter un budget crédible devient un enjeu politique.
Dans son ouvrage « 6 octobre 2027 : la fin de la Sécurité sociale ? », publié aux éditions Les 3 Colonnes, Jean-Carles Grelier imagine le moment où, deux jours avant la date prévue par les textes pour le dépôt du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2028, le Président de la République constate qu’il sera dans l’impossibilité de le faire. Derrière la fiction, l’analyse résonne avec la situation actuelle : annualité budgétaire, difficulté à porter une vision à long terme, réformes inabouties, manque de cohérence stratégique, et de courage politique…
Comme l’écrit Jean-Carles Grelier, gouverner suppose d’anticiper. Or, corseté depuis 30 ans dans l’annualité de l’Ondam (Objectif national de dépenses d’assurance maladie), notre système de protection sociale a été incapable se projeter au-delà de l’horizon d’une année et c’est maintenant que les Français vont devoir payer le prix de ces années de renoncements.
Jean-Carles Grelier évoque explicitement le risque d’une impasse budgétaire si le débat public continue d’éviter les réformes structurantes. La question n’est pas seulement comptable, elle est aussi institutionnelle et politique : que se passerait-il si, pour la première fois depuis 1945, le budget de la Sécurité sociale pour 2028 ne pouvait être présenté ou adopté ?
Peut-on réellement envisager un scénario d’insoutenabilité financière à l’horizon 2028 ? Le cadre des lois de financement de la sécurité sociale offre-t-il encore les marges d’action nécessaires ? Faut-il revoir la gouvernance des comptes sociaux, le périmètre des prestations ou encore l’articulation entre le budget de l’État et celui de la Sécurité sociale ? Et surtout : quelles réformes seraient susceptibles d’emporter l’adhésion politique, dans une Assemblée recomposée ?
Pour répondre à ces questions, Jean-Carles Grelier, député de la Sarthe, avocat et spécialiste des questions de santé, sera l’invité du prochain café nile, organisé mercredi 4 mars 2026, de 8h30 à 10h00.
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